Le colchique d’automne (Colchicum autumnale) est une plante vivace à fleurs violettes ou rosées qui pousse dans les prairies humides, les alpages et les jardins naturels. Elle fleurit entre **juillet et octobre**, souvent sans feuilles, ce qui peut induire les promeneurs en erreur.

Cette plante est redoutée par les botanistes et les toxicologues car elle contient de la **colchicine**, une substance hautement toxique. Chaque année, des cas d’intoxications graves sont recensés, souvent à cause d’une **confusion avec l’ail des ours** ou d’autres plantes comestibles.

Colchique ou ail des ours ? Une confusion mortelle

Avant sa floraison, le colchique présente des feuilles allongées qui peuvent être confondues avec celles de l’ail des ours, une plante très recherchée au printemps pour ses usages culinaires. Même une petite quantité de colchique peut provoquer des troubles graves, parfois mortels.

Les enfants sont aussi à risque s’ils ramassent les fleurs pour jouer, ou si les graines sont accidentellement avalées.

Toxicité du colchique : la colchicine

La colchicine est un alcaloïde puissant qui perturbe la division cellulaire. Elle affecte plusieurs organes : foie, reins, moelle osseuse, cœur, tube digestif. Aucune partie de la plante n’est sans danger : feuilles, fleurs, graines et bulbe sont toxiques.

Symptômes d’un empoisonnement au colchique

Les symptômes apparaissent généralement dans les 2 à 12 heures après ingestion :

  • brûlures buccales, nausées, vomissements
  • diarrhées abondantes, parfois sanglantes
  • fièvre, douleurs musculaires
  • hypotension, troubles cardiaques
  • confusion mentale, convulsions

Dans les cas graves : coma, défaillance multiviscérale, décès entre 24 et 72 heures après ingestion.

Animaux également menacés

Le colchique est également toxique pour les animaux d’élevage (bovins, chevaux, moutons), ainsi que pour les animaux domestiques. L’ingestion provoque des troubles digestifs sévères, une paralysie, voire la mort.

Que faire en cas d’intoxication ?

Appeler immédiatement un centre antipoison. Il n’existe **aucun antidote spécifique** à la colchicine. Le traitement consiste en une hospitalisation d’urgence avec surveillance intensive et soins symptomatiques.

Conseils de prévention

  • Ne jamais consommer de plante sauvage sans identification certaine.
  • Apprendre à distinguer les feuilles de colchique de celles de l’ail des ours (les feuilles de colchique ne sentent pas l’ail quand on les froisse).
  • Ne pas cueillir dans des zones inconnues ou mixtes.
  • Informer les enfants et les promeneurs des risques liés à cette fleur présente en bord de chemin.

Sources :

https://www.eagff.ch/fr/connaitre-les-plantes-des-prairies/autres-plantes/caracteristiques-par-espece/colchique-dautomne

https://www.researchgate.net/publication/260210661_Colchicum_autumnale_A_review